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"Quand trop d’esprit vital a été dépensé dans un accès de passion (colère ou terreur), il se produit un déficit. Quand l’esprit vital accumulé dans le haut du corps (excès de yang) ne peut pas descendre, l’homme devient irascible. Quand l’esprit vital accumulé dans le bas du corps (excès de yinn) ne peut pas monter, l’homme devient oublieux. Quand l’esprit vital accumulé dans le centre, ne peut ni monter ni descendre, alors l’homme se sent malade (son cœur étant obstrué, dit la glose). C’est là votre cas : trop de concentration ; distrayez-vous !" Tchoang-Tzeu 19-G
Des éléments de cet article son extraits de "Brève histoire des jeux vidéo" avec l'aimable autorisation de Laurent Roucairol de www.grospixels.com
Au commencement & anecdotes
L’ère des jeux vidéo commence réellement dans les années 1970 avec celui qu’on peut considérer comme l’ancêtre de tous, le bien nommé « PONG », un petit jeu de tennis où l’on bouge verticalement 2 barres sur l’écran afin de renvoyer la balle a l’adversaire. Le jeu est mis en test dans un bar local par son distributeur, Atari. Après deux semaines, la machine tombe en panne, submergée par les joueurs de toute la région. Le succès est au rendez vous ! Les bornes d’arcade se multiplient à vitesse grand V et les salles d’arcade fleurissent un peu partout dans le pays.
En 1976 apparaissent les consoles de salon, dites domestiques, avec des jeux sur cartouches (support insérable contenant des mémoires où sont stockées les données logicielles du jeu). Celles-ci ont le même format que des cassettes d’enregistrement audio 8-pistes.
A peine 1 an après, la violence arrive dans les jeux vidéo (nous y reviendrons) avec le jeu Death Race 2000, un jeu d’arcade de course automobile inspiré du film du même nom sorti en 1975 (avec David Carradine et un Sylvester Stallone débutant, sorti en France sous le titre « Les seigneurs de la route »). Le joueur gagne des points en écrasant des piétons (comme dans le film !), et de nombreuses voix s’indignent contre le produit, qui est rapidement retiré du marché.
En 1978, un nouveau phénomène fait son apparition : Space Invaders, un jeu d’arcade qui connaît un succès historique. C’est, entre autres innovations, le premier jeu d’arcade à mémoriser le meilleur score. Au Japon, le jeu Space Invaders est reconnu par le ministère de l’économie comme responsable d’une rupture des stocks nationaux de pièces de monnaies ! On accuse aussi le jeu de provoquer une recrudescence de l’absentéisme des élèves en classe.
1980 marque l’arrivée du fameux Pac-Man, le jeu vidéo le plus populaire de tous les temps. 300000 unités du jeu d’arcade sont vendues à travers le monde, et on peut compter au moins autant de contrefaçons. Signalons que c’est le premier jeu à avoir eu du succès auprès des femmes.
En 1981, les dirigeants de Nintendo, qui en ont marre que la société ne décolle pas dans le domaine du jeu vidéo, demandent à un jeune artiste Japonais nommé Shigeru Moyamoto de créer Donkey Kong. Le héros, originalement nommé Jumpman, est un charpentier qui doit sauver sa petite amie Pauline des mains d’un gorille déchaîné qui lui balance des barils d’essence du haut d’un échafaudage. Jumpman sera rebaptisé Mario par l’équipe de Nintendo, en raison de sa moustache qui le fait ressembler au propriétaire des locaux où ils travaillent, un certain Mario Segale. Succès planétaire là encore !
S’en suit une période de 3 ans de règne total des jeux d’arcade, qui envahissent très rapidement la vie des Japonais. Les jeux d'arcade sont de véritables électrochocs pour une partie de la jeunesse nippone qui découvre un autre univers, virtuel, mais passionnant. Quelques rares précurseurs de jeux vidéo existaient bien sûr auparavant, de même que l'on trouvait déjà des jeux comme des flippers ou des juke-box. Mais là, c'est une véritable révolution : du jour au lendemain, des étudiants laissent tomber leurs études pour écrire des programmes de jeux vidéo, des entreprises naissent, des salles d'arcade se créent.
Pendant ce temps, le marché des jeux sur console, déjà fragilisé par une dispersion des formats des cartouches, et une qualité trop faible face aux PC, s’effondre à la fin de l’année 1983.
Ce n’est qu’en 1985 que le marché repart quand Nintendo lance sa Famicom (Family Computer), une console qui a l’apparence d’un jouet… bien vu. Nintendo ne compte pas au départ commercialiser la Famicom en dehors du Japon, mais Atari se montre intéressé par la vente du produit et des jeux dans les autres pays. En Juin les deux compagnies signent un accord dans ce sens. Elle s’appellera NES en Europe et aux USA et fera un carton grâce au jeu Super Mario Bros.
(C’est aussi à cette période que le fameux Tetris est créé, et non pas par un japonais, mais par un ingénieur russe)
Façe au succès de la NES et au quasi monopole de Nintendo, un concurrent entre en scène. Il s’appelle Sega et lance sa console, la Master System, en partenariat avec Microsoft et des constructeurs Japonais, c’est un joli succès au Japon et en Europe.
La console Sega Master System
Ayant remarqué que les consoles sont en train de faire un tabac, Atari décide aussi de sortir sa console : l’Atari 7800.
Mais Nintendo fait 10 fois plus de profits que son premier concurrent, Sega. Et des hits apparaissent tels que Legend of Zelda (chef d'oeuvre de Shigeru Miyamoto, déjà créateur de Donkey Kong et Mario Bros), Nintendo Golf ou Nintendo Soccer. La société décide de continuer à écraser le marché en lançant une mini console portable à cartouches, équipée d’un écran LCD monochrome et vendue 109$, ce qui en fait le système le moins cher du marché, tout en proposant un catalogues fourni de bons jeux (eux aussi beaucoup moins chers que ceux des autres systèmes), qui, avec l’excellente autonomie de la console qui n’utilise que quatre piles, vont contribuer à en faire un autre record mondial de ventes pour Nintendo. La console Game Boy est en plus vendue avec Tetris, succès énorme là encore !
Les années 90 sont une course à la puissance où les consoles passent de 8 à 16 bits : Megadrive chez Sega, Lynx chez Atari, et ma préférée, la Super Nes chez Nintendo qui s’arrache dans tous les magasins. Son jeu Super Mario 3, devient la cartouche de jeu la plus vendue au monde. Tandis que Street Fighter II, casse la baraque en salles d’arcade. Les fans font la queue pour y jouer dans le monde entier, et il n’est pas rare de voir plusieurs dizaines d’exemplaires du jeu dans certaines salles. La hausse de fréquentation des salles d’arcades entraînée par ce seul jeu permet l’ouverture de nombreuses enseignes, et la création de jeux toujours plus perfectionnés… dont le politiquement incorrect Mortal Kombat, pendant de Street Fighter II, ou la violence est montrée de façon très graphique et le sang coule à flots. Malgré (ou grâce à) une jouabilité peu subtile, le jeu est un gros hit, mais choque beaucoup de monde avec ses « Finish him ! » et ses fatalités qui permettent au joueur de décapiter ou éventrer son prochain. Deux sénateurs américains, lancent une enquête sur la violence dans les jeux vidéo, qui aboutit à un système de classement des jeux vidéo par catégorie d’âge.
La barre du milliard de cartouches vendues est atteinte pour Nintendo !!
Et pour la première fois depuis la sortie du jeu il y a plus de quinze ans… un joueur arrive à la fin du dernier labyrinthe sans tricher sur une borne d’arcade de Pac-Man. Il s’appelle Billy Mitchell, c’est un américain et son score final est de 3.333.360 points !
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S’en suit une ère plus moderne dès 1998/1999 où le PC est maintenant à force égale façe aux consoles dans le domaine des jeux vidéo, qui permet outre des graphismes et des animations 3D supérieures, une interactivité plus grande, et des jeux plus complexes et riches, permettant de jouer en réseau local ou sur Internet. Les possesseurs de PC constituent un public supposé plus mûr en matière de jeu vidéo que celui des consoles. Dans bien des cas, ce sont ces dernières qui doivent être maintenues au niveau en proposant des adaptations des jeux incroyables développés sur PC, alors que c’était le contraire auparavant.
Aujourd’hui, en France, les passionnés de jeux-vidéo n'ont pas toujours très bonne presse (notamment à cause d'amalgames entre violence dans la vie de tous les jours et jeux-vidéo...). Au Japon, c'est très différent. Si vous vous promenez dans Tokyo le soir, vous êtes obligés de tomber sur une salle d'arcades et là, tous les âges et toutes les catégories sociales sont représentés ! Il n’est pas rare, d'ailleurs, de voir des employés de bureau sortir de leur travail tard et venir évacuer le stress de leur journée sur des bornes d'arcade en costume cravate…

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